Les Assises du Journalisme 2025 à Marseille

Les Assises du Journalisme 2025 à Marseille ont été une expérience exceptionnelle. Une ville vibrante, un public curieux, des salles pleines, un programme riche et une diversité impressionnante de voix venant de tout l’espace méditerranéen. Autant dire : un terrain parfait pour discuter identité, narration et responsabilité journalistique.

Une question simple, sans réponse

Lors d’un panel consacré à l’identité éditoriale et au reporting « panarabe », j’ai décidé de poser une question simple — mais apparemment trop simple pour obtenir une réponse.

Je voulais comprendre pourquoi, en 2025, on parle encore de « panarabisme ». Qu’est-ce que ce mot signifie réellement pour nos sociétés ?

Car, sur le terrain, la réalité est beaucoup plus nuancée :

  • En Égypte, beaucoup se définissent d’abord comme Égyptiens, héritiers d’une identité pharaonique avant tout.
  • En Algérie, au Maroc et en Tunisie, les identités amazighes et berbères ne sont plus seulement des revendications culturelles, mais des réalités assumées.
  • Et partout dans la région, les histoires, les langues, les imaginaires et les douleurs diffèrent énormément.

Alors, pourquoi continuer à brandir une identité « panarabe » qui ne reflète pas forcément ce que les gens vivent ou revendiquent ?

Une deuxième question, tout aussi sensible

Si le panarabisme a encore un sens, pourquoi certains drames humains reçoivent-ils plus d’attention que d’autres ?

Je suis profondément engagé pour la cause palestinienne — elle me touche personnellement et émotionnellement. Mais pourquoi cette cause, aussi juste soit-elle, mobilise-t-elle davantage « le monde arabe » que le Soudan, qui vit aujourd’hui des violences comparables, parfois même pires, dans l’indifférence quasi totale ?

Est-ce vraiment du panarabisme… ou est-ce simplement une question de religion, d’émotion collective, voire d’habitudes narratives ?

Silence dans la salle.
Les panélistes ont esquivé.
La question n’a jamais reçu de réponse.